Ce n’était pas le clan des
Siciliens mais celui des épicuriens. Gabin, Brassens, Brel, Audiard, Dabadie,
Lelouch, Drucker, Briali…. 25 ans après la disparition de l’acteur, à l’âge de
68 ans, les meilleurs amis de Lino Ventura sont à nouveau réunis dans un livre
de sa fille, Clélia, « Lino Ventura, carnet de voyages », truffé
d’anecdotes.
Il ne fallait pas déranger Lino pendant un repas. Il était capable de dîner deux fois de suite avec Bernard Blier et de traverser la France en voiture pour cuisiner des pâtes à Georges Brassens. « Même au fin fond du Mexique, raconte Jean-Loup Dabadie, il te trouvait le bistrot insoupçonné, sous prétexte qu’il servait le meilleur chili con carne du pays. »
Sa fille raconte que « Les 3 dernières années de sa vie, il a peu tournée car on ne lui proposait que des rôles de bagarreur, alors qu’il cherchait des rôles plus profonds, comme Le Silencieux et L’Armée des ombres. Il en était très malheureux. »
Lors de sa première rencontre à Hollywood avec Mitchum, son ami producteur Norbert Saada, raconte que Lino Ventura a été très impressionné par la « descente » de l’acteur américain. Dans la même soirée, il a bu à lui seul une bouteille de vodka avec 6 bières, 2 bouteilles de vin rouge et du cognac… L’apéritif de Christophe en somme… A tel point que Ventura a eu peur de se retrouver dans les gazettes le lendemain avec son nouvel ami complètement ivre.
Charle Aznavour qui a partagé l’affiche d’ « Un taxi pour Tobrouk » avec Ventura, a mis 6 ans à lui montrer le film, car il avait entendu dire qu’il n’était pas bon. « Lino m’a dit : Je ne serai jamais reconnu comme un grand acteur parce que j’ai d’abord été un lutteur »
Jacques Chancel conclu le livre : « Je ne suis pas sûr que Lino a été heureux de ce qu’il avait réussi. Il poursuivait un rêve intérieur… Un jour, chez moi, je lui dis : Qu’est-ce que tu veux de plus ? Tu as tout ! Lino me répond : J’ai peut-être tout, mais pas l’essentiel ! »
SOURCE : Le Parisien