« Le premier être humain à jeter une insulte plutôt qu’une pierre
est le fondateur de la civilisation. » Cette phrase de Sigmund Freud,
remet l’injure dans son droit chemin.
Elle offense, choque, meurtrit, salit. On considère qu’insulter est mal élevé, brutal et même primitif. C’est pourtant une preuve d’évolution : ce qui fait de nous des êtres civilisés, c’est qu’on utilise des mots au lieu de nos poings.
On retrouve insultes dans toutes les cultures, à toutes les époques, à tous les âges. Par exemple, le modèle « Fils de … » est déjà présent dans des écrits du Moyen Age. On retrouve aussi le fameux « Ta mère ! » à la fin du 20ème siècle.
Qu’on ait 4 ou 70 ans, les gros mots nous font marrer, soit à cause du contexte dans lequel ils surgissent, soit par leur caractère original. En la matière, on peut tout se permettre, comme les images les plus délirantes et les moins réalistes (se faire littéralement « cuir le cul », ou encore « chier des bulles », parait difficilement réalisable).
Mais l’insulte peut aussi être un signe d’affection. Sébastien, 28 ans, raconte qu’avec ses potes « on s’appelle tout le temps ‘connard’, et ça n’a rien d’agressif. Au contraire, c’est un signe d’affection, je dirais même un honneur, car il faut vraiment que je me sente proche de quelqu’un pour me permettre de l’appeler comme ça ».
L’insulte est aussi affectueuse dans le Midi quand on appelle quelqu’un « couillon ».
Jurer a même des vertus thérapeutiques. Le psychologue anglais Richard Stevens a prouvé que quand on se fait mal, proférer des jurons accélère le rythme cardiaque, ce qui décuple nos capacités physiques et élève notre seuil de tolérance à la douleur.
Finissons cette revue de presse par une phrase de Gustave Flaubert : « Après tout, merde, voilà. Avec ce gros mot, on se console de toutes les misères humaines, aussi je me plais à le répéter : ‘merde’, ‘merde’ ».
SOURCE : Neon
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