La
reconversion des politiques à la télé, comme Roselyne Bachelot, est révélatrice
d’une des tendances les plus marquantes de la saison : l’omniprésence
des chroniqueurs sur les plateaux.
Quasiment aucune des nouvelles émissions lancées depuis septembre ne dérogent à cette nouvelle règle. Que ce soit sur France 2 avec « Vous trouvez ça normal ?! », sur Canal + avec « Le supplément » (Maïtena) ou sur D8 avec « Le Grand 8 ».
Ancien chroniqueur, Eric Naulleau tente un début d’explication : « La télé a horreur du vide, elle met donc sur un plateau plus de personnes qu’il n’y a de temps de parole disponible. »
Frédéric Taddeï, présentateur sur France 3 voit là « le reflet du manque de créativité et d’imagination des producteurs, des animateurs et des patrons de chaîne. »
Mais du coup on a du mal à distinguer leur réelle fonction. Le chroniqueur est d’ailleurs présenté indifféremment comme un sociétaire, un contributeur, un polémiste ou un éditorialiste, quelqu’un qui fait partie d’une bande.
Catherine Barma, productrice d’ « On n’est pas couché » explique que « maintenant, dès que quelqu’un parle autour d’une table, on dit que c’est un chroniqueur. Mais un chroniqueur, c’est quelqu’un qui écrit un papier sur un sujet spécifique. »
En quelques années, donc, les chroniqueurs sont devenus un incontournable du paf. A tel point qu’ « ils ont confisqué la parole aux invités », regrette Taddeï, qui, lui, avait posé 2 conditions au lancement de « Ce soir (ou jamais) » en 2006 : qu’il n’y ait ni invités en promotion ni chroniqueurs.
Commentaires