Se haïr avec panache, se lancer des piques avec talent, la France, pays amoureux du verbe, a créé une classe politique étincelante de cruauté.
C’est cette histoire faite de piques et de vacheries que Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, deux pros de la politique, racontent dans « LES FLINGUEURS. ANTHOLOGIE DES CRUAUTES POLITIQUES. »
On commence avec De Gaulle, connu pour ses colères froides… et ses coups de sang. Le Général ne s’interdisait pas d’utiliser un vocabulaire direct et franc. La phrase que ses ministres et collaborateurs ont le plus entendu : « Foutez-moi la paix avec ce con ! »
François Mitterrand, lui aussi, adorait attaquer ses adversaires à coup de petites phrases cinglantes. Une de ses cibles préférées : Valérie Giscard d’Estaing à qui il déclare en 1981 au moment de la passation de pouvoir : « Vous n’avez commis qu’une seule erreur dans votre campagne, celle de vous représenter. »
Quelques mois avant cette terrible phrase, Mitterrand avait déjà déclaré à propos de VGE : « Il a une spécialité, c’est d’avoir du cœur, beaucoup de cœur, deux mois tous les sept ans. »
On passe à un autre président, Nicolas Sarkozy. Avant, pendant et même après son passage à l’Elysée, il se montre acide et blessant quand il parle de ses adversaires ou de ses « amis ». Pour lui Juppé est « un second, comme Villepin », et Chirac avec qui il est en conflit permanent depuis 1995 en prend pour son grade. Pour lui « Chirac est mort, il manque juste les trois dernières pelletées de terre. »
Et on termine avec François Hollande. Sa cible préférée : Nicolas Sarkozy bien sûr. Dès 2008, il déclarait à son sujet : « Il avait dit que tout serait possible pendant son mandat. Il l’a prouvé. Il est passé de la présidence bling-bling à la présidence couac-couac. C’est un président zig-zag. » Vous en voulez une autre ? « Il connait les erreurs à éviter. La preuve, il les a toutes commises. »
SOURCE : « LES FLINGUEURS. ANTHOLOGIE DES CRUAUTES POLITIQUES »
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