Gérard Lhéritier est un
ancien assureur de 65 ans qui a fait fortune tout seul dans l’art.
Passionné d’histoire
il a fondé le Musée des lettres et manuscrits en 2004.
En ce moment, il prépare l’exposition Cocteau. Parmi les joyaux dont il dispose, il y a le scénario de la Belle et la Bête, acquis dans une vente aux enchères, classé trésor national par le ministère de la Culture.
En trois générations, il a amassé 130 000 documents, dont certains inestimables : le testament politique de Louis XVI, la lettre codée de Napoléon ordonnant la destruction du Kremlin, les carnets secrets du Général de Gaulle. Sans oublier, des écrits de Charles Baudelaire, Victor Hugo, Marcel Proust ou Alexandre Dumas.
Une collection exceptionnelle estimée à 400 millions d’euros.
Sa passion pour les écrits historiques remonte à 1985. Il raconte : « Je cherchais un cadeau pour mon fils. J’ai découvert dans une vente une lettre écrite par Victor Hugo à Paris, en 1870. La ville était alors assiégée. Je l’ai acheté 500 francs. Ça a été le déclic. » Il quitte alors son métier d’assureur pour se lancer dans la chasse aux manuscrits.
Son coup de maître : en 2003, il s’empare pour 410 000 euros du brouillon sur lequel Einstein a griffonné sa théorie de la relativité générale. « J’ai cru m’évanouir quand le marteau est tombé » se souvient-il.
Sa prochaine cible : Quelque chose de Jeanne d’Arc.
Où trouve-t-il l’argent : Il a découpé sa collection en lots, que se partagent des particuliers. Par exemple, un informaticien rennais a investi 10 000 euros dans un lot contenant l’ordre de cessez-le-feu du général Eisenhower écrit en 1945. Avec à la clé un joli taux d’intérêt : un rendement de 8 % !
Ils sont plus de 18 000 à avoir rejoint la société Aristophil, créée par Gérard Lhéritier pour gérer ce système.
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