En plein scandale du
« chevalgate », les agriculteurs joueront plus que jamais la carte
des produits « Made in France » pendant le Salon de l’agriculture qui
s’est ouvert samedi et qui fête cette année ses 50 ans.
Du coup, dans le Parisien Magazine, une famille de paysans charentais nous raconte un demi-siècle de transformations, vu de sa ferme, et on a eu envie de le partager avec vous.
Née en 1931, Yvette a vu le monde paysan basculer dans l’agriculture productiviste dans les années 1960. « Quand le premier tracteur est arrivé à la ferme, en 1958, ça a été une révolution », se rappelle-t-elle. Ensuite, il y a eu la machine à traire. « C’était beaucoup moins pénible, et on ne risquait pas de recevoir un coup de patte de la vache ! »
En deux décennies, le paysage de la France des champs s’est profondément modifié. En 1963, un français sur quatre travaillait dans les champs contre 3,3 % actuellement. Mais par contre il y a trois fois plus de femmes aujourd’hui qu’il y a 50 ans.
Les minuscules exploitations familiales ont cédé la place à des propriétés de plusieurs dizaines d’hectares.
Une modernisation qui touche également le mode de gestion de l’exploitation. Fini le papier, place à l’ordinateur, pas simple pour un corps de métier pas habitué à l’informatique.
L’autre grosse nouveauté des années 80-90, c’est la multiplication des contrôles, notamment pour garantir la sécurité alimentaire. « Quand nous avons commencé la fromagerie, nous n’avions qu’une seule pièce pour tout faire. Ce ne serait plus possible aujourd’hui, car petit à petit, les normes se sont empilées. »
Malgré des aides de l’Union européenne de 20 000 € par an, les membres de la ferme ne se versent que 1 500 € par mois chacun. Un chiffre en baisse ces dernières années. « Et pourtant, on fait des heures à rabale (à foison, en parler local), pas loin de 80 par semaine. »
SOURCE : Le Parisien Magazine
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