En Français, on les appelle « doreurs d’image », « maître du faire croire », « docteurs Folimage »… Le rôle de ces spécialistes en communication consiste à tripatouiller les faits, dans le but d’influencer l’opinion et les médias.
Aux Etats-Unis, ils sont omniprésents dans les campagnes et n’ont pas une minute de répit. Leur tactique est simple : attaquer l’adversaire sur tous les fronts, y compris ses points forts.
L’exemple le plus célèbre est la campagne lancée en 2004 par le clan Bush, qui accuse John Kerry d’avoir exagéré ses faits d’armes au Vietnam. L’offensive fait mouche, alors que Kerry est réellement un héros de guerre incontesté et archidécoré…
« Vous pouvez spinner n’importe quoi à condition d’avoir assez d’aplomb », affirme le conseiller en com de Mitt Romney. Et lui n’en manque pas. Il y a quelques mois, il a produit une pub où Obama disait : « Si on continue à parler d’économie, on va perdre. » Mais en réalité, cette phrase est tirée d’un discours d’Obama qui reprenait pour s’en moquer, une phrase du camp adverse !
Dans le même temps, les spins doctors travaillent à masquer les faiblesses de leur candidat. Clinton avait avoué avoir fumé de l’herbe mais affirmait ne pas l’avoir « inhalée » ! Et si Mitt Romney a décidé de raser sa maison de 12 millions $ pour la reconstruire 4 fois plus grande, c’est parce qu’il a une grande famille ! Oui bien sûr…
Pour essayer de déceler le vrai du faux, des sites Internet jaugent la véracité des propos des candidats. Ce qui n’empêche pas le spin de tourner à plein régime. Et ça marche, car comme le dit un professeur de psychologie, « nous avons d’abord plus tendance à croire qu’à douter. On n’a pas non plus le temps d’enquêter et de vérifier le bien-fondé des accusations et puis, plus le mensonge est audacieux, plus les gens se disent « c’est tellement dingue que ça doit être vrai » ».
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