Si Bérénice Bejo, Pedro Almodovar et Francis Cabrel sortent du bois, c’est que l’heure est grave. Leur cible : la Commission européenne, qui pour relancer la croissance, envisage de libérer un peu plus les échanges avec les Etats-Unis, y compris dans le domaine culturel. C’est la sacro-sainte « exception culturelle » qu’on « assassine », dénonce le cinéaste allemand Wim Wenders.
L’exception culturelle, c’est quoi : C’est l’Etat qui peut protéger ses industries culturelles des méfaits de la libre concurrence.
Ça veut dire, pour la télé, que les chaînes doivent diffuser au moins 60 % d’œuvres européennes, dont 40% « d’expression française ».
En ce qui concerne la musique, depuis presque 20 ans, les radios sont obligées de diffuser au moins 40 % de chansons d’expression française, dont la moitié de nouveaux talents ou de nouveautés.
Pour le cinéma, les producteurs de films bénéficient de l’avance sur recettes distribuée par le centre national du cinéma, d’une aide automatique, calculée en fonction du nombre d’entrées des films précédents du producteur, des aides régionales et un soutien des chaines de télé.
Pour les livres, la loi Lang sur le prix unique du livre empêche les diffuseurs de casser les prix. Seule une baisse de 5% est tolérée sur les nouveautés.
Qui en profite ? : « Sans ce système, tout un pan du cinéma français n’existerait pas », souligne-t-on au CNC. Un film muet comme « The Artist » doit beaucoup à l’exception culturelle. Effet pervers : le système finance aussi des navets et favorise l’inflation des cachets.
Côté télé, la fiction française est le genre le plus représenté à l’antenne et le plus consommé par les téléspectateurs. Problème : pour faire du remplissage, les chaines de la TNT achètent tout et n’importe quoi.
Côté librairies, le prix unique du livre a préservé les petites enseignes face aux grandes surfaces.
Quelles menaces ? : « Les Américaines cherchent un accès plus large au marché européen, dit-on au ministère de la Culture. Pour eux nos systèmes d’aide sont une entrave à la concurrence. »
SOURCE : LE PARISIEN / AUJOURD’HUI EN FRANCE
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