La France ne plaisante pas avec la nourriture (et tu es le digne représentant de notre beau pays, Christophe). Et on ne plaisante pas non plus avec le droit ( ça c’est moi tu crois ?)! Du coup, quand les deux se rencontrent ça donne des situations parfois absurdes. Le livre "La table et le droit" aux éditions Lexis Nexis, d'un enseignant en droit alimentaire, regroupe les décisions de justice culinaire les plus cocasses. Voici quelques exemples :
Le Camembert déraciné !
Ce fromage est né dans la ville de Camembert dans l'Orne, jusque-là rien de compliqué. Le problème, c'est qu'il s'est très vite répandu et on a commencé à en fabriquer jusque dans le Rhône. Les Normands ont alors voulu délimiter l'appellation "Camembert" à leur région. Trop tard pour les juges, le nom était désormais tombé dans le domaine public! La législation a quand même rattrapé le coup. Les normands ont décroché un label rouge et une appellation d'origine contrôlée "Camembert de Normandie".
Le coq au vin ou poule mouillée
C'est en 1986 que le sort de ce plat national s'est joué. Un PDG de conserverie s'est retrouvé devant la cour d'appel de Rennes pour publicité mensongère et fraude. La cour enquête et déniche des recettes du temps d'Henri IV qui mettent du poulet dans le coq au vin. Elle finit par trancher: le coq désigne aussi bien le coq que le poulet ou la poule pour le plat "coq au vin". Le PDG est relaxé.
L'emmental casse la croûte
La législation française ne conçoit pas l'emmental sans croûte. Le problème c'est que la France ne fixe plus les règles. Il existe une autre source de droit alimentaire internationale : le Codex alimentarius. Selon lui, l'emmental peut être fabriqué avec ou sans croute.
Il existe donc aujourd'hui sur le marché français deux variétés d'emmental : 1 avec croute et 1 sans croute plus rentable. Les producteurs français sont donc pénalisés.
Source: Libération
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